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Cas d’école : parler de soi sur la Toile est-il possible pour un enseignant ?

Classé dans: Non classé Posté: 21 avr 2009

FreakyLady publie sur un espace personnel des vidéos qui font la joie des internautes de passage. Le regard et les mots sont vifs, alertes et croustillants. En page d’accueil, un portrait aux épaules dénudées et aux cheveux ébouriffés … à l’image de son amour des mots. Une scénarisation habituelle sur de tels espaces de publications. C’est une jolie jeune femme fraîche qui prend la parole avec humour.
Oui mais voilà, FreakyLady est enseignante. Le site MySpace qui héberge ses productions met en avant l’une de ses vidéos sur sa page d’accueil. Et ses élèves découvrent cet espace de publication sur lequel, grimée de son seul pseudonyme, elle pensait n’être jamais reconnue.Sous le choc, le journal Le Post en a même effectué un article !

Quel regard porte-t-on sur un enseignant qui parle de lui sur la Toile ?

C’est la question tabou qui n’est jamais posée mais qui transparaît en filigrane de cet article.

* On expose les faits.
* On publie une vidéo où la jeune femme explique à ses spectateurs pourquoi avoir 30 ans vaut mieux que vingt, fume, boit, tout en pérorant sur l’orgasme. Il en existe bien d’autres mais c’est celle-là que l’on met en avant.
* On questionne enfin la jeune femme - comme on l’aurait fait au XVIIIème siècle ? ;-) - sur les réactions des élèves, des parents et de la hiérarchie. C’est par un collègue, dit-on, que la rumeur se confirme : oui, les élèves ont bien connaissance des activités personnelles de l’enseignante sur la Toile.
* Un crescendo associé à une réponse en vidéo de la jeune femme à ses élèves … Une conversation biaisée s’engage. Aucun élève n’ayant abordé la question avec elle, FreakyLady décide pourtant de prendre les devants. Une réponse fanfaronne mais habile où la jeune enseignante expose en toute bonne foi sa vision de l’Internet :
” - oui, dit-elle en somme, oui, vous me mettez face à mes contradictions
- oui, j’ai dit des gros mots - et j’en dirai encore ! -
- non, cet espace ne vous est pas destiné, à vous élèves
- oui, c’est mon espace de publication, un espace enrichissant où je peux entrer en contact avec de nombreuses personnes, une opportunité que je ne souhaite pas abandonner
- oui, je suis enseignante et j’ai une vie privée !”

Une rhétorique de la confession et de l’accusation
A la manière de Jean-Jacques Rousseau convoqué au Tribunal de la Vie, les arguments s’enchaînent. Le malaise s’installe. Sentiment de lire une orchestration de l’aveu. D’assister à un reportage de “Confessions Intimes” où Pierrette Brès prendrait une fois de plus sa mine dépitée pour présenter le malheur du monde. Un portrait à charge. Un tableau où la nature véritable de “Dorian Gray” serait enfin peinte au grand jour. Une confession de celle-là même qui prétendait offrir à ses lecteurs des leçons. Une leçon donnée à une enseignante. Un fantasme enfin réalisé en somme.
L’article évoque tout à la fois la liberté d’expression mais aussi le droit de réserve des fonctionnaires. Ce que pensent vraiment les élèves ? Les parents et l’administration ? On l’ignore. Mais le bruit de la morale et de la rumeur si fortement suggérés, la rhétorique de l’article et sa construction laissent peu d’échappatoire … Soudain, un doute épais et angoissant sur l’issue de cette aventure. Une histoire drôle … qui ne l’est finalement plus. Où le lecteur pourrait devenir facilement accusateur … Où l’enseignante apparaît cernée, cible d’une potentielle violence comme le laisse entendre le titre ambigu de l’article (en fait extrait de l’une des vidéos) : “Quand mes lascars d’élèves m’ont trouvée sur Internet” …

Une conquête de l’autorité !
Au-delà des ricanements et des malaises, la publication de cette réponse-vidéo par l’enseignante à destination de ses élèves montre aussi et surtout que le territoire éducatif est sans limite. Désormais, c’est aussi sur Internet - comme dans la salle de classe - que devra se conquérir l’autorité de l’enseignant. Un combat que la dite enseignante mène courageusement.

Contradictions de l’âme et cruauté de l’acte de publication sur la Toile
Clouer au pilori l’individu en soulignant ces contradictions ou mettre en perspective cette aventure par une observation des usages ? C’est là que le bât blesse. L’article choisira seulement le premier angle. Notons qu’il aurait pu aussi souligner que ces contradictions président à la difficulté même de l’acte de publication. Ces questions ne sont-elles pas celles que tout internaute devrait se poser ou sera amené à se poser au cours de sa grande vie d’être humain ?!
- Un pseudonyme protège-t-il vraiment celui qui l’adopte ? Non. Cette historiette en est l’illustration.
- Un espace personnel sur la Toile est-il privé ? Qui dit personnel ne dit pas privé. Il est possible techniquement de restreindre l’accès au contenu que l’on publie à des spectateurs internautes triés sur le volet. La jeune femme qui témoigne souligne qu’elle en a conscience mais qu’elle s’y refuse puisqu’elle souhaite qu’un large public observe ses mises en scène.
- A qui s’adresse-t-on sur la Toile ? On peut s’adresser à un public-cible mais il est illusoire de croire que sur Internet comme dans la vie, l’on sera lu seulement de ceux que l’on désire.
- Choisit-on son public ? Non.
- Peut-on conjuguer expression personnelle, vie “privée” et vie professionnelle sur Internet ? Oui, à condition de le faire dans l’exercice et dans le respect de la Loi. Encore faut-il la connaître. Il n’existe pas de législation spécifique sur Internet. Pourquoi faire sur la Toile, ce que l’on n’oserait ou ne devrait pas faire dans la vraie vie ?
- En somme, entre liberté d’expression et droit de réserve, quel contenu puis-je publier, moi citoyen de la vie et de l’internet ? C’est une question difficile, qu’il faut toujours avoir à l’esprit. Savoir s’exprimer est précieux. Mais savoir publier et savoir supprimer ce que l’on a publié sont des actes tout aussi importants.

Pour le droit à l’erreur ? … Et l’apprentissage de la gestion des crises médiatiques !

Plus que l’histoire d’une enseignante, c’est la question même de l’éducation au média internet et de la formation du citoyen internaute qui est ici posée. Un apprentissage qui ne se fait pas sans questionnement ni sans erreur. Qui ne s’adresse pas qu’aux enfants. Où l’erreur, pour fondamentale qu’elle soit dans tout apprentissage, n’en demeure pas moins toutefois bien cruelle. Quel internaute, à l’heure où j’écris ces lignes, n’aurait jamais publié un mot ou une photographie qu’il regretterait dans tel ou tel contexte ? Le droit à l’erreur est-il possible sur la Toile ? Y compris pour un adulte ? Qui apprendra aux enseignants à gérer les conflits d’autorité sur la Toile ? Et quelles informations diffusons-nous à l’attention des citoyens pour qu’ils prennent conscience de toutes ces dimensions ?

La publication de cet article est une formidable mise en abîme. Elle rappelle que nos actes de publication laissent des traces, que nous devons gérer ces traces DANS LE TEMPS, devenir parfois nos propres RP pour défendre notre cause et illustrer les motifs de nos publications. Elle place au coeur de l’acte de publication cette question, - une question que j’aime - , qui n’est jamais formulée mais qui est pourtant prédominante :
“Moi, internaute qui publie sur la Toile, moi, producteur d’informations, jusqu’où suis-je prêt(e) à aller pour rencontrer autrui sur la Toile ? Comment puis-je maîtriser cette tension médiatique entre communication, information et publication ? ”

Un fait divers … et beaucoup de silences
FreakyLady poursuivra-t-elle ses publications ? Et sous quelle forme ? Peu importe, aurais-je envie de dire moi aussi en fanfaronnant. Souhaitons juste que cet éclairage médiatique ne soit pas néfaste et que le projet éditorial de cette jeune femme évolue. Soulignons enfin qu’il est révélateur d’une image peu médiatisée mais bien réelle. Oui, les enseignants utilisent Internet et les nouvelles technologies. Pour des usages personnels, certes. Mais aussi professionnels. Sur lesquels curieusement, dans la sphère médiatique, on trouve finalement bien peu d’écrits … Un tel article ne contribue-t-il pas à alimenter le débat public sur un marronnier bien connu ? … La célèbre incompétence des enseignants ! … à qui l’on reproche habituellement le manque d’appétence pour les nouvelles technologies mais qui, lorsqu’ils en sont utilisateurs, si l’on goûte aux implicites de cet article, seraient de joyeux drilles et des apprentis sorciers … Un cliché que l’on regrette bien évidemment …

Au final, chacun emportera avec lui cette histoire et son questionnement pour mieux se l’approprier. La relation horrifiée des aventures de cette jeune femme possède de potentielles vertus cathartiques. Sans le savoir, Le Post, fidèle à sa tradition du buzz et du choc des âmes par ses mots, aura ce soir, en utilisant des ficelles médiatiques vieilles comme le monde, rencontré au moins une fois Aristote … ;-) !

Pour en savoir plus :

- Quand mes lascars d’élèves m’ont retrouvée sur MySpace : http://www.lepost.fr/article/2009/04/21/1504827_ses-eleves-decouvrent-son-video-blog-elle-leur-repond-en-video.html

- Le Myspace de FreakyLady : http://www.myspace.com/liberamor

- Qu’est-ce que la Catharsis ? Atelier littéraire publié sur Fabula : http://www.fabula.org/atelier.php?Catharsis_d’Aristote_%26agrave%3B_Freud

- Le Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde - un résumé de l’oeuvre sur le site A la Lettre : http://www.alalettre.com/wilde-oeuvres-le-portrait.php

- David et Léa, un reportage de Confessions Intimes : http://video.google.com/videoplay?docid=2498663504804479280

- Confessions, Jean-Jacques Rousseau - Texte intégral publié sur le site ABU : http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?confessions1

- Le Ministère de l’Education Nationale encourage les pratiques professionnelles numériques de ses enseignants, pour preuve notamment , ce dossier intitulé : “Enseigner le français avec les blogs” : http://www.educnet.education.fr/lettres/pratiques5675/tic/enseigner-le-francais-par-les-blogs

- Le site Légamédia propose des ressources juridiques pour les enseignants et rappelle les obligations des agents publics blogueurs : http://www.educnet.education.fr/legamedia/

8 Commentaires »

  1. CC

    Bonjour
    Je lis avec intérêt cet article : moi même prof et geek (ou passionnée par les TICE, pour parler éduc nat !) je prends soin de ne pas trop me dévoiler sur le net : pas de photos, un pseudo, pas de localisation précise (ou plusieurs pour brouiller les pistes)… Je ne suis pas complétement anonyme : si on fouille, on trouve, c’est évident. Mais je trouve important de protéger ma vie privée, surtout depuis le jour où mon principal m’a convoquée dans son bureau pour me dire qu’il avait trouvé mon blog sur la toile et qu’il ne trouvait pas cela très déontologique…

    A vrai dire, c’est surtout vis à vis de mes élèves que je tiens à rester invisible sur la toile (notamment à propos de mon homosexualité). Et puis comme je parle beaucoup de politique, je tiens à respecter le devoir de réserve…

    Pour ce qui est de l’outil de travail, il est clair que les profs ont bien investi le net et depuis longtemps avec par exemple des forums (http://capesentrouble.forumactif.com/forum.htm) ou des groupes de travail, ou des sites (http://letrouble.fr/joomla/index.php) (je cite ces deux exemples, parce que j’y suis modo !)

    Il m’arrive aussi de construire des blogs avec mes élèves, de leur faire faire des recherches (très souvent) etc. Il est normal de les initier à cet outil qui les accompagnera encore plus longtemps que nous…

    Mais il est vrai que les médias ne mettent pas vraiment ça en avant…

    :)
    CC

    Comment — 26 avril 2009 @ 21:08

  2. Christelle Membrey

    Bonjour CC ;-), oui, oui et oui … Je regrette moi aussi la relation médiatique de cette anecdote et son manque de mise en perspective !
    A noter : la page de Legamedia s’ouvre en préambule sur cette question de l’agent public blogueur : http://www.educnet.education.fr/legamedia/

    Comment — 27 avril 2009 @ 8:30

  3. Sophie Gironi

    OUhlalalala, je n’étais pas passée par ici depuis longtemps, mais il faut que je commente.

    En fait, toute la démonstration tient sur une évidence : les profs sont des être humains, faits de chair et de sang, mais aussi d’opinions, de personnalités, d’expériences, de rencontres… Comme nous tous.

    Je t’avouerais que le sujet m’interpelle, parce que sans être prof, j’ai une ‘image’ à préserver sur la toile, et j’ai choisi, après avoir tenté en vain le blog “anonyme”, de m’afficher ouvertement et de me censurer. Parce qu’au final, toute vérité n’est pas bonne à dire.

    Ce qui me sidère, c’est que ces personnes qui se délectent à lire les petits tracas du quotidien d’une blogueuse anonyme, ces mêmes lecteurs qui font le succès des blogs “futiles”, se retrouvent choqués de découvrir que leur collègue/supérieur/prof/fournisseur/client raconte en ligne sa dernière visite chez l’esthéticienne ou son dernier “safari à la poulette” au Macumba samedi soir.

    Comme si la perte d’anonymat faisait perdre toute ouverture d’esprit. Comme si, pour reprendre mon exemple du dessus, les femmes à responsabilités n’avaient pas de poils aux pattes, ou les jeunes hommes séduisants et célibataire avaient des vies monacales.

    On admet les évidences… mais on n’en veut pas de confirmation, parce que pénêtrer la sphère privée et intime de gens connus peut sembler obscène. Et au final, c’est peut être de ca, qu’il s’agit. A l’ère du net, on peut livrer au regard de tous des pensées qu’on n’aurait jamais exposées à voix haute (franchement, je n’irai pas raconter en réunion client que je me suis épilée les jambes ce week end ;)) et l’on affiche avec ostentation opinions et travers humains…

    J’essaie d’inculquer à mes plus jeunes élèves une notion simple de protection de l’identité numérique : “n’écrivez jamais sur le net, même en privée, des propos que vous ne pourriez pas assumer de prononcer en public”.

    Je mettrais un bémol à cette remarque, ici : … “ou alors, apprenez à gérer votre anonymat, un anonymat réel, avec un profil public partagé et connu de tous, et une identité virtuelle, complètement séparée de la première, sans aucun indice qui pourrait vous dévoiler, et à ne révéler qu’à des personnes extrêmement proches”.

    Et même comme ça, à mon avis, c’est pas gagné ! ;)

    Comment — 9 juin 2009 @ 6:44

  4. François Cazals

    Vraiment intéressant.

    Comment — 17 juin 2009 @ 17:39

  5. John

    Je confirme ce que dit CC : les enseignants ont déjà beaucoup investi la toile ! On peut ajouter, à l’exemple qu’elle a donné, le site http://www.neoprofs.org qui réunit plus de 3000 enseignants inscrits.

    Salut à toi, Christelle, et bon courage pour la suite !

    Comment — 29 octobre 2009 @ 1:32

  6. Christelle Membrey

    Oui, et Neoprofs est un vrai petit bonheur !
    Tout à fait d’accord quand vous soulignez les usages professionnels de la Toile par les enseignants : ils existent mais ne sont médiatiquement pas ou peu valorisés … C’est pourquoi cet article - qui crie haro sur un usage privé de la Toile par cette enseignante - m’avait semblé si démago, n’ayons pas peur des mots

    Comment — 9 novembre 2009 @ 5:36

  7. Françoise Cahen

    Bonsoir,
    Je suis d’accord sur le fait que l’anecdote est médiatisée pour son côté croustillant et pas forcément pour de bonnes raisons, mais elle pose de réelles questions.
    Le problème s’est déjà posé dans mon lycée, à propos d’une collègue qui laissait des photos d’elle en maillot de bain sur son blog perso. Apparemment, ce sont avant tout les collègues (et à mon avis surtout celles qui n’auraient pas pu se montrer en maillot de bain sans ridicule) qui en ont fait tout un scandale…
    Incontestablement, cela change tout de même les relations entre profs et élèves. Je pense personnellement qu’on ne peut pas cloisonner parfaitement les choses. Dans la vraie vie, on croise aussi parfois des élèves à la piscine ou à la plage par hasard. On peut imaginer qu’un élève nous aperçoive en train d’embrasser notre amoureux dans la rue. Les profs devraient-ils rester cloitrés chez eux? Ils ne peuvent pas non plus rester totalement cloitrés sur internet. Il faut admettre que la puissance du réseau nous confronte à ce risque d’être exposés.
    On peut essayer de faire attention, mais rien ne nous y oblige vraiment. Et heureusement… Imaginez qu’il faille faire un voeu d’abstinence internautique quand on est titularisé!!!
    Dans une classe, qui n’a pas eu un prof qui passait son temps à raconter sa vie privée plutôt qu’à faire cours? mais ça ne fait pas scandale, car c’est dans l’espace clos de la classe, rien ne peut en témoigner ensuite. Pourtant, les choses pouvaient parfois aller assez loin…
    Il faut donc admettre que malgré les mises en garde qu’on fera à tous les personnels de l’éducation nationale, il y aura toujours des gens un peu plus exhibitionnistes que d’autres, que tout ne pourra pas être réfréné. Je trouverais surtout effrayant un monde où on vérifierait systématiquement tout ce que les enseignants mettent d’eux sur internet pour les rabrouer, parce qu’ils ont prononcé le mot “orgasme” ou qu’elles ont montré des choses intimes… Plus effrayant en tout cas qu’un monde où quelques collègues se montreraient parfois un peu provocateurs. Pourquoi le droit courant simple ne s’appliquerait pas aux enseignants? Il leur suffit de ne pas inciter les élèves à la violence, par exemple.
    On n’a jamais interdit à un enseignant de faire de la politique, et heureusement, car les bancs de l’assemblée nationale ou du sénat comporteraient beaucoup de places vides. Alors, si un combat politique est mené non pas sur un blog pédagogique mais sur un blog perso, je ne trouve pas ça scandaleux. Au contraire.
    Ne pas se montrer sur la toile en tant qu’individus, mais seulement en tant que pédagogues, ce n’est pas bon pour nous non plus. Cela voudrait dire que nous ne sommes pas des citoyens, que nous sommes complètement has-been, ou que nous nous résumons à notre fonction.
    Or, parfois, c’est en rencontrant l’être humain privé qui se cache derrière l’enseignant que le jeune est séduit et ramené vers les apprentissages. Allez savoir…
    Surtout, n’allons pas vers une censure institutionnelle!
    En ce moment, je m’interroge beaucoup à propos de facebook. Faut-il y aller en tant que pédagogues pour y rencontrer les jeunes? cela pose le problème de la frontière vie privée / vie publique. J’envisage de faire concevoir à mes secondes pour le moment un quiz facebook sur un thème littéraire (”quel personnage de Bel-Ami es-tu?”) Je pense que ce serait super pour l’analyse des personnages. Mais sinon, je n’envisage pas d’avoir mes élèves actuels pour “amis” sur mon compte perso (ça jamais, c’est sûr), ni d’ouvrir un deuxième compte “enseignant” pour diffuser des infos pédagogiques, conservant le blog “weblettres” comme média… Je me pose quand même la question… Je commence à hésiter… Et si ça se trouve, dans deux ans, je trouverai ça complètement normal d’avoir un cahier de textes sur facebook!…Au rythme où vont les choses..
    Bon, je bavarde trop, moi, mais je trouve ça passionnant, Christelle, et je suis vraiment ravie de t’avoir rencontrée à ces journées TICE. Bravo pour ton dynamisme.

    Comment — 2 février 2010 @ 23:34

  8. Christelle Membrey

    Bonjour Françoise,
    J’abonde chacune de tes remarques. C’est bien la liberté d’expression qui est en jeu dans un univers numérique qui devient parfois celui de la surveillance …
    Les données personnelles se multiplient. Aucun d’entre nous ou presque n’est préparé à l’idée que ces micro-publications constituent autant d’éléments qui nous dévoilent.
    Oui à la liberté d’expression, nécessaire et intrinsèque à l’exercice de notre citoyenneté - numérique ou non.
    Oui aussi à la réflexion … à la prise de conscience que ces données sont publiques, reçues d’une façon qu’on ne maîtrise pas …
    C’est une vigilance quotidienne, un marathon de longue durée, à n’en pas douter.
    As-tu eu connaissance de la polémique autour du décès d’un certain jeune Yannick ?
    http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2010/02/02/article_deces-de-yannick-et-affaire-facebook-vos-reaction.shtml
    Elle n’est pas sans faire écho à notre discussion.
    Oui, bavardons, bavardons :-). Je crois d’ailleurs nous sommes bien au-delà du bavardage.
    J’ai moi aussi été ravie de te rencontrer. A très bientôt. Bises.
    Chris
    (Euh, … Mme Membrey-Bézier, si un élève passe dans le coin ;-))

    Comment — 3 février 2010 @ 14:04

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