Christelle Membrey-Bézier

Cultures numériques. Stratégies digitales. DSI.

Internet, pour quoi faire ?

C’est la question à laquelle acteurs de l’Internet et citoyens tenteront de répondre en participant du 14 au 22 mars 2009 à la Fête de l’Internet. Dans un discours dominant relayant habituellement la peur et la défiance, ce moment de réflexion unique en son genre permet d’engager le débat et d’inviter internautes aguerris et citoyens numériques débutants à questionner leurs pratiques du média et du médium Internet, à les expliciter, à les mettre en valeur.

Cette fête se déroulera cette année sous le haut-patronnage de Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Secrétaire d’Etat chargée du Développement de l’économie numérique auprès du Premier ministre. Un moment propice pour débattre avec justesse, esprit critique et sérieux, des enjeux liés à ce média  de plus en plus présent dans notre existence sans pour autant  céder à un discours technophobe. A cette occasion, la Cité des Sciences et de l’Industrie en association avec la Délégation aux usages de l’Internet et l’association Villes Internet organise une rencontre-débat le samedi 14 mars 2009, de 12 h à 19h30, avec la participation de nombreux partenaires. Le public présent sera invité à « découvrir les nouveaux services et usages de l’l’Internet pour s’informer, communiquer, partager, à travers différentes animations, démonstrations, ateliers. Il pourra également participer à des débats sur des questions sociétales liées au développement des usages de l’Internet. Toutes les animations sont en accès libre et gratuit. » Parmi les thèmes retenus tandis qu’une conférence dédiée à la Fête de l’Internet se déroulera parallèlement sur Second Life :

  • Internet : chance ou risque pour la planète ?
  • Avec l’lnternet, tous journalistes ?
  • Les seniors et l’Internet
  • Imaginons la ville de demain.
  • Blog, wiki, flux rss, podcast, … de nouveaux outils et services à la portée de tous, mais pour quoi faire ?

S’il faut saluer l’existence et l’intérêt d’un tel événement, on ne peut que regretter, à l’instar de la journée de la Femme qui me permet ironiquement aujourd’hui de publier sur ce blog, la difficulté que l’on a au quotidien à se mobiliser pour une telle pratique citoyenne de questionnement et de réflexion. Que faisons-nous au quotidien pour faire connaître Internet et le mettre en valeur de façon critique et nuancée ?

Je suis enseignante de Lettres. Si comme moi, vous côtoyez des enfants et des adolescents dans votre quotidien, cela ne peut que vous interpeller.

A l’heure où Internet  devient chaque jour plus présent dans nos vies, accompagner les internautes débutants ou aguerris dans leurs activités de lecture, d’écriture et de publication sur la Toile me semble crucial. Comment éduquer au média internet sans diaboliser ? Quelles démarches mettre en place ? Quels outils utiliser ? A quels enjeux cela fait-il appel ?

Nous sommes nombreux ici, sur cette petite planète blogosphérique, à multiplier les usages et les réflexions, à observer les pratiques internautes et les réactions paradoxales qu’elles suscitent sur tout type de public. Parents, enseignants, formateurs, professionnels du web, adultes, jeunes et moins jeunes, tous utilisateurs de la Toile et attentifs à ce média et médium qui nous est cher. Communiquer, s’informer, acheter, jouer, créer, publier, exister professionnellement sur la Toile : tout cela ne se devine pas mais s’apprend. On ne naît pas internaute, on le devient!

Si ces questions vous intéressent, si votre expérience fait appel à cette démarche, si vous avez à votre disposition une ressource susceptible de nourrir la réflexion de tout un chacun et de permettre à un internaute débutant de mieux comprendre les enjeux liés à ce média, je vous invite à rejoindre le Réseau Education Média Internet , un réseau – gratuit- où nous débattons de ces questions et tentons de construire ensemble un lieu de réflexion citoyen.

Pour en savoir plus :

Et vous ? Que faites-vous pour la Fête de l’Internet ?



Visiter Education au Media Internet


Visiter Education au Media Internet

Article publié chez Presse-Citron à l’occasion de la journée de la femme ;-)

  • Geoffrey G. a dit :

    L’éducation au média internet occupe une place pour le moins restreinte dans le programme d’éducation-civique au collège (1h sur… 4 années d’enseignement). Et en plus, il faut voir comme cette question est abordée dans les manuels et les sujets de brevet! Sans exagérer, ça ressemble à: 1° Internet, c’est merveilleux, on trouve de tout; 2° Attention méfiance, c’est un repère de néo-nazis et de pédophiles.

    Éduquer à internet en partant des pratiques des élèves, en les questionnant et en proposant des pistes pour des usages plus raisonnés et réfléchis… signifie donc, en ce qui me concerne, sortir du programme (ô, horreur)

    Tout ça pour dire que je fêterai internet en retard en animant un atelier B2I sur ce sujet à intertice (autant lier l’utile à l’agréable en abordant cette problématique de manière à valider 2-3 items).

    Je m’étonne d’ailleurs de ne pas te voir participer au colloque « éduquer aux nouveaux médias, ça s’apprend »! Les malotrus t’ont oubliée?

    9 mars 2009 à 22:56
  • Christelle Membrey a dit :

    Bonjour Geoffrey,
    Le fait est que je serai présente en Belgique ce même jour lors des Rewics pour y présenter mon travail. Peut-être – puisque je transiterai sur Paris, passerai-je en fin d’après-midi, c’est en tout cas ce que j’ai prévu. La vie est si riche de surprises :-) !
    La place de l’éducation au média internet est inscrite dans les programmes mais reste à construire. Le rapport de Mme Bizot, que j’ai eu le plaisir de rencontrer, est à cet égard éclairant. L’éducation aux médias peine à trouver sa place alors que dire du média le plus récent : internet, qui bouleverse les usages et redéfinit les territoires : journalisme, enseignement, vie professionnelle … Je ne suis pas experte en Histoire-Géographie mais il me semble que tu ne serais pas hors programme si … L’essentiel étant, encore plus que pour un projet traditionnel, d’avoir un projet argumenté. Sans cela, le Cicla71 existerait-il encore ? Je ne sais ;-) …
    Voici donc un portrait paradoxal : ce en quoi je te rejoins.
    A bientôt, je l’espère.
    Chris

    11 mars 2009 à 13:11

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