Pourquoi les jeunes bloguent-ils ? Quelles sont leurs pratiques de production et de réception de l’écrit et de l’image en ligne ? Dans un ouvrage intitulé “Les jeunes et les médias, Les raisons du succès”, dirigé par Laurence Corroy, Isabelle Dumez Féroc, chercheur, maître de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université de Poitiers, qui a fait des usages enfantins et juvéniles des TIC son principal domaine de recherche, tente de répondre à ces questions.
Internet, précise-t-elle, est une technologie qui sert des logiques sociales très diversifiées et qui met en oeuvre des dispositifs de communication, synchrone et asynchrone. Son utilisation relève du phénomène social tant par sa dimension individuelle que collective.
Une grande majorité des jeunes se sert de ce média de façon quotidienne : un média qui fonctionne comme les autres sur une logique de flux. Par nature, un blog est un site réactif qui fonctionne sur cette logique de production-réception en flux et qui donne la possibilité de produire et d’interagir immédiatement. Un objet médiatique qui nécessite peu de savoir-faire technique, une “proposition gratuite d’armatures à compléter avec des contenus textes images et sons”.
L’auteur note d’ailleurs que “l’abondance de telles productions a promu l’écriture du blog au statut de genre rédactionnel ” -plus proche du billet critique que de la brève journalistique toutefois-.
Chaque utilisateur de ces espaces de publication devient ainsi auteur, directeur et responsable de sa publication au sein d’un espace de diffusion libre -sans autorité- dont la seule instance de légitimation est est finalement la communauté de pairs.
Pourquoi bloguer ? Pourquoi communiquer sur et avec Internet ? L’auteur de cette enquête s’est adressée à une trentaine de jeunes français de juin 2007 à janvier 2008 au cours d’entretiens semi-directifs. Elle souligne la faiblesse des revenus économiques des groupes de jeunes usagers et la gratuité apparente des outils du web 2.0. Elle caractérise surtout sociologiquement l’utilisation de son support.
Le blog est un “répertoire relationnel qui permet de tisser des liens” et de “produire son identité sociale”.
Les énoncés intimes engendrent des phénomènes d’identification et de reconnaissance. Un jeune blogueur partage ses intériorités, ses activités communes, ses opinions. Le blog lui permet d’instaurer une continuité dans la communication et le partage de cette “intériorité”. Les blogs de fans sont plus rares que l’on ne l’imagine car de facto, spontanément, les jeunes blogueurs s’adressent à un cercle de proches, remettant au goût du jour la loi journalistique dite “loi de proximité”.
Que blogues-tu ?
• Le blogueur présente ses amis.
• Le blogueur parle de lui.
• Le blogueur décrit les activités sociales du groupe auquel il appartient.
Autant d’accroches qui ont pour objectifs de déclencher la conversation.
Les articles traitant des questions de société sont plutôt rares car non conformes au format d’article socialement admissible dans le groupe.
Ce sont les commentaires des lecteurs qui fonctionnent comme vecteur principal des normes sociales implicitement partagés par le groupe. - N.B : Une simple observation d’un Skyblog vous fera noter que le croustillant de tels espaces ne se situe pas forcément dans les articles mais dans les commentaires, ces derniers étant parfois si nombreux que l’on si perd !
Cette place accordée aux commentaires, cette porte ouverte laissée au regard d’autrui explique aussi l’uniformisation des blogs tant sur le plan du graphisme que du contenu. In fine, le blog, puisque permettant de rester en contact avec autrui, prend essentiellement une dimension phatique. Un phénomène que l’on constate aussi chez les blogueurs adultes, dont certains vont jusqu’à écrire -eux aussi- des articles pour expliquer qu’il n’y aura pas d’articles ;-) …
Dans ce type de blog, note l’auteur, “la manière dont est exprimée la personnalité du blogueur a souvent plus d’importance que ce qu’il énonce. Aussi l’aspect visuel est-il primordial.”
Combien de temps blogues-tu ?
L’espace temps du blogging adolescent, contrairement à ce que l’on peut imaginer, est court. Selon les réponses fournies par un groupe d’adolescents, il serait d’à peine une demi-heure. Son emploi du temps, notamment scolaire, ne lui permet pas davantage. Rares sont les jeunes interrogés par l’auteur qui déclarent positionner leurs activités de publication ligne de priorité sur leur emploi du temps -sauf au début peut-être de leur projet de publication.
Pourquoi blogues-tu ?
C’est une activité ludique, superfétatoire en apparence mais qui remplit plusieurs fonctions explicites et implicites.
• Elle permet d’adopter une posture de consommation médiatique audiovisuelle avec la consultation de sites web : c’est ce que l’on pourrait résumer par cette idée : “pour être dans le coup, mon poussinou, il te faut un blog, sous peine d’être ringard”
• Elle participe de la culture du contrat car elle s’adresse à un public : elle facilite une “sociabilité horizontale” avec les pairs. Qui n’a pas déjà noté que le blog d’un adolescent est en effet bien peu lu - ou même connu de ses parents , si ce n’est par des amis ?
• Elle permet aussi une communication triangulée, le jeune blogueur prenant à parti des inconnus pour parler de et à son groupe d’appartenance.
• Elle facilite une communication asynchrone ; l’ interaction qu’elle facilite permet d’échapper aux contraintes financières et temporelles.
• Elle permet de réfléchir à l’avance à la forme à l’objet et à la forme de l’article : prendre le temps et le plaisir d’écrire, réfléchir, revenir en arrière sont des activités ici mises en valeur.
• Elle permet de parler sur soi plutôt que de parler de soi. Elle remplit ainsi un rôle de présentation et de représentation pour objectiver ou incarner sa propre existence. Mais aussi un rôle de construction qui permet de faire évoluer une image de soi.
• Elle est semblable de facto à une carte de visite évolutive, autorisant une définition de soi et une publicisation de la facette choisie : les changements de blogs eux-mêmes (création ou suppression) sont des éléments révélateurs de cette dynamique.
• Elle permet l’intégration dans un groupe : puisque tout le monde a un blog, en avoir un permet d’exister dans le groupe.
• Contrairement au blog d’adultes, cet espace de publication n’a pas de fonction informative mais une fonction sociale. Le blog constitue l’occasion de déployer sa sociabilité digitale.
• Véritable “scène médiatique”, il mêle voyeurisme et exhibitionnisme en permettant aux adolescents à la fois de voir les autres mais aussi d’assouvir leur besoin d’expression personnelle.
• La clé de son succès, le blog la doit à ce sentiment de liberté.
• Il est important de souligner que “la pratique du blog a de réels bienfaits : elle éveille chez de nombreux jeunes le goût de l’écriture et la passion de l’image, elle valorise l’expression et les productions d’une jeunesse sovent en mal d’estime et elle participe au maintien d’un lien social parfois en déliquescence dans certains lieux de vie (quartiers, établissements scolaires). Quand le virtuel vient à la rescousse du réel, le blog peut se targuer de son succès.”
Des remarques que mes propres usages et observations confirment, même si, comme à l’habitude, je ne peux m’empêcher de sursauter lorsque je lis que le blog “adulte” serait plus “informatif” que le blog “adolescent”. De telles affirmations dessinent un territoire moral de l’Internet, où il serait de bon ton d’opiner du chef dès qu’il s’agit d’éduquer nos enfants tout en faisant mine de ne pas noter que les pratiques des “adultes” sont souvent similaires … et doivent faire l’objet de tout autant de vigilance.
Autant le contenu de ces travaux me semble pertinent, autant l’idée -présente dans le titre de cette enquête- que les jeunes blogueraient différemment des adultes et réciproquement, me semble à débattre …
En tant qu’enseignante et citoyenne, à l’heure où Internet rime souvent avec peurs, j’ai été particulièrement sensible par ailleurs à la volonté de l’auteur de souligner les bienfaits potentiels du blog en notant son lien avec la lecture, l’écriture et le partage, des dimensions qui me sont chères !


Plume
Je suis loin d’être d’accord avec ce que vous dites !! Je pense pouvoir facilement témoigner, j’ai 17 ans… et bien que sensibilisé à ce qui tourne autour de la problématique des NTIC, d’Internet, etc j’ai connu ces fameux blogs d’ados, j’en ai moi-même tenu un il y a quelques temps. On peut donc dire que je parlerai en connaissance de cause.
Pour moi un adolescent qui blog est un ‘egonaute’, exposition de soi bien sûr, exposition de ses amis aussi, exposition de ses passions je suis d’accord ; mais dans quel but ? Quand on regarde le ‘lectorat’ de ces blogs, ce les amis et souvent les amis proches, qui seraient semble-t-il déjà au courant de la personnalité du blogueur et qui connaitraient déjà les activités et passions énoncées sur le-dit blog (puisque ces amis proches participent en fait à toutes les activités du blogueur sachant que pour un ado, sa vie c’est souvent ses amis).
Vous écrivez “la seule instance de légitimation est est finalement la communauté de pairs.” et là je suis tout à fait d’accord, la seule chose qui compte : la communauté qui regarde, le paraitre, le moi-moi. Une chose positive où l’éducation que l’on donne aujourd’hui serait plutôt de nous intéresser à la bonne marche de la société et à s’intéresser aux autres ainsi qu’à s’investir en temps qu’individu ?
“l’abondance de telles productions a promu l’écriture du blog au statut de genre rédactionnel” Ainsi vous parlez “d’écrire un blog”, considérez-vous le langage sms comme écrire ? (Après la polémique est toujours ouverte bien sûr….) ; bien souvent, le blog n’est constitué que de photos avec en article “komen on sétè tro b1 amuZe! G tro kiffffé” : genre rédactionnel ? 0.O Pour moi une rédaction est structuré, avec des idées (peut-être), au moins un fil conducteur. Ajout à ces articles des commentaires du style “Oué c’était trop kuul”, etc : un sacré débat !
Vous reprenez en comparant aux blogs adultes “dont certains vont jusqu’à écrire -eux aussi- des articles pour expliquer qu’il n’y aura pas d’articles”, bien sûr le blog à l’origine est l’espace de discussion, une sorte de contrat liant blogeur et lecteurs. À la différence près que le blogueur adulte notifie cela puisqu’il ne pourra pas assurer l’écriture d’articles pour quelques jours, après cela, il reprendre ses publications, qui ont -elles- un certains fond et veulent faire passer des idées.
Je note également “la pratique du blog a de réels bienfaits : elle éveille chez de nombreux jeunes le goût de l’écriture et la passion de l’image” nous ne parlons alors ici qu’un petit pourcentage de blog, que nous pourrons appeler “futur blogueurs adultes”, les autres : copies d’images, textes en sms plutôt courts, etc.
Je suis plutôt d’accord avec les points de “Pourquoi blogues-tu ?” :
- être “dans le coup”, pseudo-sociabilité ou sociabilité d’après les cours vraiment utile ?
- communication triangulé ; une réelle profondeur ? de réels liens ci ce n’est d’amitié, au moins de complicité ou moins encore
- communication asynchrone participant à la croyance que tout est du aux jeunes et que tout est gratuit sur internet en oubliant les comment dire… éventuellement problèmes ou plutôt problématiques liés à cette gratuité
- tout à fait d’accord avec vous, elle permet de se montrer, s’exiber : montrer ce qu’on est (=apparence) mais pas ce qu’on pense (=richesse intérieur)
- une scène médiatique comme vous le dites…. ;
- sentiment de liberté qui peux avoir des dérives (’j'ai le droit de tout faire, aucunes limites’ ce qui peut amener à la diffamation, aux insultes aux autres jeunes qui ne sont pas tendre entre eux cela promulge le sentiment de liberté total ce qui n’est pas forcément positif!)
“Quand le virtuel vient à la rescousse du réel, le blog peut se targuer de son succès.” Je penserais plutôt que cela enferme le jeune, certe il s’exprime : mais qui le lit, si on n’a pas d’amis, on est pas lu et pire si l’on a des “ennemis” ! Du fait de cette expression anonyme sur le web, le “jeune” ne dialogue plus avec les personnes bien réelles celles-ci qui pourraient l’aider, ou du moins entamer une discussion dans le but de réellement le sortir de ses problèmes. Internet serait alors plus comme une sorte de trou, où l’on jette tout dedant mais sans ce que cela ne soit totalement réglé et cela nous revient forcément dans la figure. Internet est comme la vie réelle mais en amplifie les causes et conséquences.
“je ne peux m’empêcher de sursauter lorsque je lis que le blog “adulte” serait plus “informatif” que le blog “adolescent” Je pense exactement l’inverse vous, comme je l’ai dis plus haut : le blog de l’adolescent est de l’exibitionnisme et de la recherche de pseudo amitié là où le blog “adulte” (du moins ceux que je lis, parlant essentiellement de ntic, phénomène et évènements/changement d’internet et répercussions sur la vie politique, culturel, social, économique, etc) sont plus dans une optique de développement de la réflexion, de l’expression d’un avis, très subjectif mais au combien enrichissant si l’on parcours plusieurs blogs !
Après ce long commentaire, vous devez penser que je suis (bien que jeune) réfractaire à l’idée de communotérisme, de partage, de gratuité, d’ouverture que peut apporter internet ; cependant là vous ne pourrez voir que les avantages, j’en vois les dangers et dérives du fait de mon expérience en temps que ‘jeune’ ; je n’ai jamais autant appris sur ma passion et sur la (géo)politique qu’en parcourant des blogs adultes en m’informant sur les logiciels et contenus libre et open-source, en m’intéressant aux problématiques de l’émergence d’Internet dans la vie de la société ; je vois dans les blogs, une formidable puissance de liberté d’expression et d’enrichissement personnel, là où les blogs ados ne sont que l’expression d’une pseudo-personnalité, l’expression d’un mal-être intérieur s’oubliant sur l’infinité du web au désavantage de la discussion avec les gens physiquements proches…
Bien souvant l’expression sur ces blogs est une liberté non-limité (Je suis en terminale, là où l’on voit en philo que créer des limites est nécessaire….), ce qui ne “forme” pas/n’éduque pas/ ne fait pas grandir les ados. Justement ce ne sont pas des adultes, mais des citoyens en devenir qui mérite des limites et l’apprentissage de la société et de ses règles, lois, etc tout ce que vous voulez… Prener en exemple votre blog : vous écrivez correctement, synaxiquement correct, vous mettez en valeur vos idées, analysez, comentez ce qu’un blog d’ado ne fait généralement pas, ce que je veux montrer par là c’est que la trop grande sensation de liberté et d’affranchissement des adultes (là où bien souvent l’État et les parents/adultes sont largués) ne permet pas de se construire et de devenir citoyen : exit l’écriture correct, la réflexion, etc. Attention, je ne dis pas qu’il faut supprimer les blogs d’ado mais seulement être réactionnaire à votre article en montrant mon point de vue que cela n’est pas positif comme phénomène.
“les bienfaits potentiels du blog en notant son lien avec la lecture, l’écriture et le partage, des dimensions qui me sont chères !” et “à l’heure où Internet rime souvent avec peurs” Entièrement d’accord =)
Voilà, si vous avez à réagir sur mon commentaire je serais très heureuse de pouvoir en discuter !
=)
Comment — 3 février 2009 @ 21:14
A lire ailleurs du 1er au 6 février 2009 | traffic-internet.net
[...] . Christelle Membrey : Que blogues-tu ? Pourquoi blogues-tu ? Christelle Membrey nous livre un intéressant résumé de lecture d’un article d’Isabelle Dumez-Féroc, maître de conférence à l’université de Poitiers, paru dans Les jeunes et les médias dirigé par Laurence Corroy et qui s’intéresse aux usages du blog des plus jeunes. Selon elle, le blog est un “répertoire relationnel qui permet de tisser des liens et de produire son identité sociale”. [...]
Ping — 7 février 2009 @ 3:11
desvigne.org » Blog Archive » Pourquoi blogue-t-on ?
[...] une question à laquelle Isabelle Dumez Féroc tente de donner une réponse, très bien synthétisée par Christelle [...]
Ping — 7 février 2009 @ 15:09
Christelle Membrey
Bonjour Plume,
D’abord pardon pour ma réponse si tardive : parfois, l’on ne touche plus terre, c’était le cas la semaine dernière.
Votre commentaire est très intéressant, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à le parcourir, à le déchiffrer, à me questionner aussi.
Quelques points cependant : notez que je n’embrasse pas tous les propos de Mme Dumez Féroc, même si je les trouve intéressants.
Oui, l’engouement pour le blog a créé un “genre rédactionnel”. Nul n’a dit qu’il était de “qualité”, ce que vous soulignez très justement. A vrai dire, sur un blog d’adolescent - si tant est qu’il s’agisse d’une catégorie objectivable-, les articles sont souvent … courts, mais les commentaires, eux, sont multiples, vous en conviendrez.
Enfin, lorsque j’ajoute que les blogs adultes seraient plus informatifs, l’emploi du conditionnel est volontaire. Les blogs de qualité n’attendent pas l’âge. Et l’on constate chez certains adultes la même “égotitude” que celle que vous souligniez pour des écrits “plus jeunes”. Identité numérique et “personal branding” sont des thèmes qui passionnent la blogosphère en ce moment et qui montre aussi une volonté de mettre en avant sa personne … Qu’en pensez-vous ?
Comment — 9 février 2009 @ 14:19
Plume
Je suis tout à fait d’accord sur le fait que certains blogs “adultes” sont des égoblogs comme -ce que j’en constate- la majorité des blogs “ado”, et certains blogs d’adolescents sont “informatifs” (d’ailleurs comment pourrait-on les appeller ?). Pour ça sûrement que mon premier commentaire est truffé de guillemets car on ne peut pas vraiment dire que les blogs adultes sont mieux que les blogs ado et inversement, la différence se trouve dans le contenu bien que la tendance invite à croire que tous les blogs ados sont égocentriques. Là nous sommes apparement d’accord d’après votre commentaire, ce que je n’avais p-e pas compris lors de mon premier commentaire ; je voyais plus votre post une apologie de l’égoblog que l’on retrouve majoritairement chez les ados, ce qui m’a fait réagir. ^^
Pour ce qui est de l’identité numérique et du personal branding :
Outre les égoblogs, chez les blogs qui sont intéressant on pourrait je pense distinguer deux types de blogs : les blogs type “récit de vie” et les blogs à thématique professionnelle/passionnelle.
Les blogs récits de vie sont des blogs chez lequels c’est l’expérience qui est importante : comme quelqu’un racontant son voyage, une expérience difficile comme jai vu récemment le blog qu’une toxicomane qui racontait de manière détaillée et profondément humaine sa toxicomanie. Je ne pense pas que l’on puisse parler de personal branding ou identité numérique, ça serait plus une sorte de contribution anonyme dans laquelle l’identité aurait peu à faire. En reprenant l’exemple précément, le blog de cette toxicomane l’était elle dans sa guérisson et aidait en même temps les lecteurs en comprenant ce monde si particulier ; peu importe les identitées.
Les blogs thématiques tels que le votre sont des sortes de vitrines de vous-même mais qui vous permettent de vous exprimez sur ce que vous aimez et de fédérer des conversations, vous y donnez votre identité et si l’on fait une recherche sur vous dans un moteur de recherche vous aurez votre carte de visite via ce blog, il donne foncièrement une bonne image de vous. Ces deux types de blogs qui permettent l’expression d’idées et sont en fait réellement utiles sont les blogs tels qu’ils devraient être selon moi : ils enrichissent et permettent le débat, la véritable puissance du web.
Dans un contexte d’égoblog, cette identité numérique révélée peut se faire réellement dangereuse : s Bien que cela soit très cliché : les photos/vidéos des jeunes qui boivent sur les blogs ou même réseaux sociaux type Facebook finissent ou finiront pas être dévastateur ! Même pour les gens avertis il est tjr difficile de définir des limites à ce que l’on doit publier sous son nom ou sous un pseudo alors pour ceux qui ne connaissent pas les dangers… o.O
Jeune ou vieux la problématique est la même : donner son nom ? sa date de naissance ? des infos pero ? Est tjr d’actualité, en effet il est difficile de savoir réellement ce qui peut nous apporter du positif ou du négatif sur le long terme. Le problème dans tout ça c’est que Internet n’oublie jamais, nous n’avons pas le droit à l’errreur. Je pense que bcp de gens on l’impression qu’internet n’est qu’immédiat, disponible sur le fait mais pas après cependant les informations sont tjr gardées en mémoire quelque part ! Une part certaine de personnes mettent leur vie sur le web sans en mesurer les conséquences, que ce soit par des blogs, réseaux sociaux, forums ou même sur des sites web. Cela reflète notre société actuelle ou paraitre est mieux qu’être ou finalement on ne se pose pas de question sur la destination de ses informations. Poblème d’éducation à mon sens !
Qui réellement sait ce qu’est Internet ?? Ça me fait réellement peur quand j’entend “Orange, Google, Windows, etc” en réponse à cette question ! À mon avis le sentiment général est que les gens pensent que le web c’est une forme de liberté d’expression totale, sans limite, sans problème, un espace de non-droit et de liberté intouchable. Mais ce n’est pas vrai : de plus en plus on parle de l’hégémonie de Google, de la neutralité du net, de la vie privée et du traitement des données par des sociétés privées (!) : nous donnons à ces sociétés une part de nous même et de nos vies : notre mémoire (cf cloud computing via google par exemple), nos sentiments, nos désirs (gmail est un bon exemple avec le ciblage de pub), ce qui se révèle très dangereux ! Malheureusement tout ce que je viens d’énoncer n’est connu que par très peu de gens : ceux qui parcourent des blogs qui s’intéressent à ces thématiques, vous et moi par exemple. Oh bien sûr la télé en parle mais le sentiment que j’en tire est une sorte de diabolisation du web (forcément la télé perd son pouvoir, du temps de cerveau disponible en moins ^^), par exemple le reportage de France 2 il me semble sur les MMORPG et plus spécialement Dofus, ça donne limite envie de pleurer ! La polémique est entretenu et aucun débat/dialogue véritable information est n’ouvert puisque le medium est la télé, à l’inverse de ce qui se passe sur le web via les blogs informatifs toujours, où la discussion s’amorce. =)
Bref là où le web peut-être utilisé à bon voir trèèèès bon escient, la désinformation, la méconnaissance et la méfiance entrainent des dérives. S’exposer sur le web, c’est se donner. Ce qui est positif si on garde le contrôle entier des données publiés (via des logiciels libres et des serveurs qui nous appartiennent par exemple) mais pour l’instant la majorité des internautes s’en fichent : c’est facile, rapide, ça nous appartient, l’illusion est maintenue, le sentiment d’impunité est là. (cf skyblog je dirai) Alors que la réalité est tout autre : ce sont les sociétés qui dominent le web, bien souvent, elles en tirent les ficelles (les FAI qui peuvent éventuellement brider votre débit, théoriquement regarder où vous surfez, etc en plus des sociétés de plateformes de blogs ou de réseaux sociaux qui possèdent vos données ou alors les logiciels types Suite Office de Microsoft qui possèdent ce que vous écrivez, etc). Internet se révèle selon moi être de plus en plus une supercherie : il y est tellement facile de collecter des données, d’utiliser cette masse de personne, de leur faire croire qu’elles sont libres alors que c’est tout le contraire : un sacré paradoxe quand on entend que internet est un espace de totale liberté d”expression.
L’éducation est pour moi une des principales clés des problèmes : informer, éduquer, intéresser. Le premier élément d’une utilisation sereine d’Internet, seulement le gouvernement, l’éducation sont souvent bien loin de la vérité, les mauvaises habitudes s’installent plus vite dans les chaumières que les bonnes pratiquent ce qui est accéléré par l’attitude d’incompréhension d’une majorité d’adulte sur Internet là où les jeunes sont très à l’aise !
Pfiou, voilà encore un commentaire très long, excusez-moi pour les coquilles, fautes voir même si mes idées de sont pas très bien exprimés, j’écris juste comme je le sens.
Comment — 10 février 2009 @ 16:23
Christelle Membrey
Je partage votre sentiment général : la clef de tout cela réside effectivement dans l’éducation au sens large du terme.
Je ne manquerai pas de faire lire votre commentaire à mes élèves car il permet vraiment d’engager la réflexion !
Comment — 12 février 2009 @ 6:43
Plume
Et bien je suis heureuse que mon commentaire soit utile. Cependant, j’ai vraiment abordé de manière spartiate les quelques concepts ou plutôt problématiques clés du web actuellement, à mon sens : le cloud computing, le proprité intellectuelle, la neutralité du web et la vie privée. peut-être devriez-vous développez ces thèmes de manière à ce qu’ils comprennent bien le commentaire ? Avec les définitions précises de tout ça et des exemples parlant, la réflexion sera plus facile. =)
D’ailleurs à ce que j’ai compris vous êtes une enseignante ? En quelle matière ? Qu’apprennez-vous à vos élèves ? De quoi leur avez-vous déjà parlez ?
Comment — 12 février 2009 @ 12:58
Christelle Membrey
Je suis enseignante de Lettres. J’exerce dans un charmant collège de Bourgogne. Les travaux que je mène avec mes élèves sont consultables ici : http://www.cicla71.com. Ce blog pédagogique dédié à l’éducation au média internet vient de fêter sa 4ème année et nous sommes toujours à la recherche de pistes et d’informations à ce sujet. Je vous invite à le parcourir. Certains des thèmes que vous abordez font partie de nos réflexions.
Vous pouvez également rejoindre le réseau Education au Média Internet : http://educationmediainternet.com
Comment — 16 février 2009 @ 11:20